FAUT QUE CA DANSE !

De Noémie Lvovsky
Avec Jean-Pierre Marielle, Valeria Bruni Tedeschi, Sabrina Azéma
Comédie dramatique, Fr, 2006, 100’, VO

Synopsis : Dans la famille Bellinsky : il y a Salomon le père, 80 ans, débordant de vie. Il se bat pour ne pas être enterré trop vite, entre des cours de claquettes sous le haut patronage de Fred Astaire et la recherche d'une compagne...
La mère, Geneviève, ne rêve que d'une chose : poursuivre tranquillement son infantilisation auprès de son aide ménager, protecteur et ange gardien, Mr Mootoousamy.
(Et) Sarah, la fille qui vit avec François, a bien du mal à trouver sa place entre son père qu'elle idolâtre mais qui l'agace, et sa mère qu'elle ne comprend plus. Elle apprend qu'elle est enceinte et doit prendre la responsabilité de construire une famille...

Bande-annonce :

Extrait :

CRITIQUE

NOUVEL OBSERVATEUR
Il ne faut jamais croire les cinéastes sur parole. Au hasard, Noémie Lvovsky. «Oublie-moi» faisait mine d'exiger son premier film. Tu parles ! C'était il y a une douzaine d'années de cela et depuis cette Parisienne qui aura 43 ans le 14 décembre prochain a fait en sorte de se trouver partout à la fois, de manière à ce que personne, surtout, ne puisse l'oublier. Elle a écrit et réalisé quatre autres films, parmi lesquels «les Sentiments», qui en 2003 a remporté le très convoité prix Defluc, qui distingue le meilleur film français de l'année. Voilà qui n'est déjà pas mal mais, après tout, ce qu'on attend d'une cinéaste est bien qu'elle réalise quelques films. Cela ne serait donc rien, ou presque, si Noémie Lvovsky ne s'obstinait à faire montre par ailleurs d'une activité vibrionnante qui la conduit sans relâche d'un film qu'elle écrit à un autre qu'elle interprète. Scénariste (pour Desplechin, Garrel et quelques autres), elle est aussi actrice chez Emmanuelle Bercot, Pascal Thomas, Claude Berri, Desplechin, Rochant ou Tonie Marshall. Différente à chaque fois et toujours la même cependant, en général à peu près inoubliable, comme dans «Backstage», où elle était renversante en femme de confiance d'une vedette de la chanson revenue de tout et manipulatrice néanmoins.
Et alors qu'est annoncé «Faut que ça danse !», son cinquième film, il faut s'attendre à entendre encore parler d'elle dans quelques semaines, lorsque viendra le tour du deuxième film de Valeria Bruni Tedeschi, «Actrices», qu'elle a écrit et dont elle est une des interprètes. Valeria Bruni Tedeschi, dont elle avait cosigné le scénario du premier film, «Il est plus facile pour un chameau...», et qui joue dans «Faut que ça danse !». Sans aller jusqu'à considérer que Lvovsky et ses copines entendent faire main basse sur le cinéma français, on conviendra que tout cela fait un peu affaire de famille, non ?
Ce qui tombe bien, car c'est précisément de cela qu'il s'agit dans «Faut que ça danse !», où Salomon Bellinsky (JeanPierre Marielle), sentant l'âge venu et sachant son épouse (Bulle Ogier) partie... dans un monde qui n'appartiendra jamais qu'à elle, se met en situation de rencontrer une femme. Une petite annonce lui offre de rencontrer Sabine Azéma - reconnaissez qu'il aurait pu plus mal tomber, cela n'arrive en effet qu'au cinéma -, tandis que sa fille (Valeria Bruni Tedeschi, on la retrouve) se découvre enceinte, elle à qui les médecins assuraient qu'elle ne pourrait jamais avoir d'enfant. Voilà, c'est joyeux comme une chanson de Fred Astaire (l'idole de Salomon), ironique, drôle, tendre comme un Lubitsch (pas un hasard si ces gens se nomment Bellinsky), déjanté juste comme il faut, et les acteurs sont renversants. Surtout c'est du Lvovsky pur jus, et c'est précisément ce qu'on attendait de «Faut que ça danse !», la comédie de cette fin d'année 2007.

Le Nouvel Observateur . Article disponible sur : http://artsetspectacles.nouvelobs.com/p2244/a358732.html