Max & Co est une aventure initiée par deux
jeunes réalisateurs, Samuel et Frédéric Guillaume,
secondés par Benoît Dreyer, l’un de leurs camarades
décidant de suivre la production exécutive de ce qui,
à l’origine, ne devait être qu’un court-métrage
de 20 minutes. Une aventure qui prend son envol lorsque leur chemin
croise celui du producteur Robert Boner. Séduit par leur ténacité
et leur enthousiasme, il s’investit dans ce projet et l’amène
vers un autre univers qu’il connaît bien, celui de la fiction
en engageant à des postes décisifs plusieurs personnalités
phares du monde cinématographique, Renato Berta pour la photo,
Jacques Comets pour le montage, Christine Dory et Emmanuel Sallinger
pour le scénario ou encore Bruno Coulais pour la musique, tous
excités par la perspective d’aborder pour la première
fois un film d’animation et de participer pleinement au développement
de ce film. Max & Co devient ainsi une grande aventure collective,
exigeant de chacun une implication qui a largement dépassé
le simple domaine de leurs compétences et leur a permis à
tous d’aller plus loin, de pousser certaines recherches techniques
ou artistiques, ces deux formes se retrouvant ici étroitement
liées.
_________________________________________________________________________________________________________
EXPLICATIONS DE L'EQUIPE DU FILM SUR L'ORIGINE
DU PROJET
Fred. à l’origine, nous
avions l’embryon d’une histoire ancrée dans l’économie,
ciblée sur les rapports entre un patron et ses ouvriers. Nous
tenions à avoir un vrai discours sans être moralisateurs,
à nous arrêter sur le monde d’aujourd’hui.
Quelque temps auparavant, nous avions atterri, avec Frédéric,
au cœur d’une petite ville brisée par la fermeture
de son usine, tout le monde venait d’être viré. Ce
sont des faits qui nous ont touchés et nous ont inspirés.
C’est aussi l’époque où nous avons créé
notre propre société, nous allions voir des investisseurs,
nous sortions de l’artisanat pour entrer dans un monde plus industriel,
ce qui nous a forcément marqués.
Benoît. J’ai été
saisi par les univers de leur premier film, par ces décors de
friche industrielle autour de petites villes.
Jacques Comets (monteur). Il y a une
dimension sociologique et écologique très percutante.
J’ai été étonné de voir que Samuel
et Frédéric réussissaient à traiter ainsi
un sujet aussi grave en passant par l’animation qui restait pour
moi principalement liée à des sujets plus fantaisistes.
Emmanuel. Avec Christine nous étions
quelque peu méfiants à l’égard de l’angle
politique de cette histoire, même s’il nous intéressait,
et nous avons essayé de le contourner légèrement
en accentuant le côté fantasque et rocambolesque de l’histoire
afin que ce ne soit pas une fable trop anti-capitaliste, nous avons
essayé d’être un peu plus dur, un peu plus méchant,
d’où par exemple le côté lâche des ouvriers.
Robert. Ce qui me plaisait c’était
justement d’aller plus loin que les grands studios américains,
de pousser le côté fable sociale et écologique,
de ne pas hésiter à se montrer cynique, cinglant. J’ai
été troublé par la révolte naïve des
ouvriers, il y a de très beaux person- nages dans cette histoire,
comme le père de Félicie, dont la maladresse est émouvante.